Madagascar : Là-bas aussi les jeunes se questionnent en regard de leur orientation.
10 avril 2011 at 19 07 02 0402 1 commentaire
Je suis étonnée (sans vraiment être surprise) de constater que partout dans le monde les jeunes ne sont pas outillés assez tôt pour faire un choix d’orientation qui correspond à leurs véritables aspirations. L’article qui suit le démontre tout en expliquant que le métier de conseiller d’orientation est méconnu. À cet effet le ministère de l’Éducation Nationale a récemment mis en place un programme de formation (depuis 2008) afin de former des professionnels aptes à outiller les jeunes.
Article rédigé par Lantoniaina Razafindramiadana pour L’Express de Madagascar et tiré du site http://www.lexpressmada.com/education-madagascar/21870-un-defaut-d-orientation-professionnelle-chez-les-jeunes.html
Bonne lecture!
Patricia
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Education : Un défaut d’orientation professionnelle chez les jeunes
Les élèves des classes de Seconde du lycée moderne Ampefiloha n’ont pas manqué de poser des questions sur les métiers des personnes venues pour la séance «Ny Asako rahampitso»Les élèves malgaches ont souvent du mal à trouver leur voie en matière professionnelle. La faute à un système d’éducation qui ne les oriente pas assez tôt.
«Carrière envisagée » ? Du primaire au lycée, en passant par le collège, cette question est l’une des premières que les enseignants posent à leurs élèves. Institutrices ou hôtesses de l’air pour les filles, médecin, pompier ou pilote de ligne pour les garçons. Les réponses sont presque immuables dans les classes primaires.
Puis, au fur et à mesure que les années avancent, les « ambitions » sont plus nettes. Avocats, magistrats, journalistes, chefs d’entreprise, ingénieurs, profs etc … Les professions citées semblent néanmoins limitées. Et même s’ils savent à peu près ce qu’ils souhaiteraient devenir plus tard, les jeunes de 15 à 18 ans ne savent pas toujours comment y arriver.
Et souvent, quand vient le moment fatidique de l’inscription en institut supérieur ou en université, c’est le dilemme. Les jeunes bacheliers se « pré-inscrivent » partout dès qu’ils en ont les moyens. Ils participent au plus grand nombre de concours et de tests de niveaux possibles, quitte à choisir plus tard la filière qu’ils veulent réellement suivre, sans toujours savoir si c’est le meilleur choix pour leur avenir et leurs compétences.
Il n’est pas rare, dès lors, de rencontrer un jeune bachelier de la série scientifique, s’inscrire pour le concours d’entrée en polytechnique, en médecine, en économie ou en gestion, espérant être retenu dans l’un au moins de ces départements. S’il a suivi un « cursus » littéraire en lycée, il hésite plutôt entre des études de gestion, de lettres, de droit, d’histoire ou de géographie.
Inexistence de conseiller
Le conseiller d’orientation est un métier quasiment inconnu dans les établissements scolaires de programme malgache. Si beaucoup d’enseignants ont le titre de conseiller pédagogique, rares sont ceux qui se spécialisent dans l’orientation, ce travail étant souvent réservé aux conseils de classe ou aux conseils de profs.
En réunion à chaque fin de trimestre, ce sont les enseignants qui, sur la base de questions relatives à l’orientation scolaire préalablement posées aux principaux concernés et à leurs parents, et sur la base des résultats scolaires, décident dans quelle série intégrer les élèves en Première puis en Terminale.
« Un cursus bien structuré sur le programme de l’année est donné par le ministère, et les seuls endroits où les élèves entendent parler de profession sont les expositions et les salons qui se tiennent en dehors du système scolaire », explique Sylvestre Rakoto-Fanantenana, conseiller pédagogique et proviseur adjoint au lycée moderne d’Ampefiloha (LMA).
Dans certains établissements privés ou confessionnels, des séances de découverte du monde professionnelle sont organisées à travers les travaux de recherche personnalisés, ensuite présentés sous forme d’exposé. Ces travaux sont généralement effectués dans le cadre de l’enseignement d’une matière, généralement durant les cours de français.
Dans un lycée catholique de la capitale, les élèves sont, par exemple, invités à faire un exposé sur un métier. « Ils se mettent par groupe de deux, et effectuent leurs recherches pendant un mois sur une profession. Nous consacrons quelques heures sur le programme officiel pour la présentation de l’exposé », confie la prof de français.
Pour le responsable du cycle secondaire du lycée, « cette initiative permet aux élèves de se familiariser avec les travaux de recherche, mais aussi de découvrir des professions ». « Ce sont les élèves eux-mêmes qui choisissent les métiers qu’ils souhaitent présenter à leur classe », poursuit la prof.
Les problèmes d’orientation professionnelle ne semblent pas aussi criants dans les établissements techniques et professionnels.
Le directeur d’un collège technique privé ne manque toutefois pas de souligner que « souvent, ce sont les enfants ayant de mauvais résultats scolaires que les parents envoient chez nous, en espérant peut-être qu’ils réussiront mieux en ayant une spécialisation et trouveront plus facilement du travail ». « Mais c’est faux », poursuit-il.
Et de conclure que « quelle que soit l’orientation choisie, que ce soit en enseignement général ou en enseignement technique, il faut que l’élève ait vraiment de la compétence dans ce qu’il fait, ou du moins avoir l’envie d’apprendre ».
Explorer les intérêts et les talents
L’orientation est un processus continu qui doit être accompagné tout au long de la scolarité de chaque élève, du collège au lycée et du lycée à l’enseignement supérieur. Elle consiste à faire découvrir à chaque élève les métiers, les formations et leurs débouchés mais aussi à lui faire explorer ses propres centres d’intérêt, ses talents et à développer sa capacité à s’orienter tout au long de sa vie.
En France, c’est au collège que commence l’accompagnement des élèves dans la réflexion sur leur projet professionnel. Plusieurs dispositifs y contribuent, parmi lesquels la « Séquence d’observation en milieu professionnel » (le plus souvent en classe de 3è) et l’option « Découverte professionnelle » (3 heures par semaine).
A Maurice, lorsque les services d’un conseiller d’orientation font défaut dans les établissements, les élèves peuvent avoir recours au service d’orientation professionnelle rattaché au ministère de l’Education nationale.
Ce service avait mis en place un système de rencontres en face à face avec les élèves dans les collèges, mais compte tenu des ressources actuellement disponibles, il privilégie aujourd’hui l’intervention auprès des groupes. Une formation spécialisée en conseiller d’orientation a été mis en place par le ministère de l’Education en 2008.
Quatre séries
Les seules orientations se font en première année de lycée. En enseignement général, il ne s’agit que d’une orientation d’études, souvent basée sur les notes obtenues par les élèves. Dans de nombreux établissements, les « cracks » sont souvent orientés vers les séries scientifiques, tandis que les autres, réputés moins bons, vont en séries littéraires.
Un bon élève, ayant d’excellentes notes aussi bien dans les disciplines scientifiques que dans les matières littéraires, et choisissant ensuite de passer le baccalauréat littéraire est souvent incompris, même par les enseignants. Un autre, classé parmi les moyens, risque d’être leurré par les préjugés en série A.
Jusqu’à aujourd’hui, les élèves de l’enseignement général ont le choix entre quatre séries : C, D, A1 et A2. Un projet de réduction les options en série S pour les scientifiques et en série L pour les littéraires est en cours et devrait être opérationnel dès l’année prochaine.
Et si l’on en croit le ministre sortant de l’Education nationale, Julien Razafimanazato, l’idéal serait que le pays dispose d’un maximum de bacheliers de la série scientifique.
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